JOURNAL IMPACT EUROPEAN

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Après avoir reçu les dirigeants d'une vingtaine de groupes français du numérique à l'Elysée, Emmanuel Macron, s'est rendu à Station F, la pépinière de start-up française

ActualitésPosté par IMPACT EUROPEAN 14 oct., 2018 17:09:06
Gérard CROSSAY

Faire de la France une start-up nation, tel était l'axe majeur de sa campagne présidentielle.

Déjà, le 2 juillet 2017, Emmanuel Macron avait rappelé ses ambitions aux entrepreneurs français à l’occasion de l’inauguration de Station F, accompagné de son secrétaire d'Etat au Numérique Mounir Mahjoubi.

Ovationné par les entrepreneurs, il y avait prononcé un vibrant plaidoyer en faveur de ceux qui créent des entreprises et gagnent de l'argent.
Ce 9 octobre 2018, de retour à Station F pour rencontrer les start-up de la French Tech, Emmanuel Macron s'est adonné à une conférence à l'américaine, sans pupitre, se déplaçant sur un long podium, entouré d'une foule de trentenaires avec lesquels il a échangé, maîtrisant parfaitement le franglais et les thématiques start-up.

Il a tenu à mettre en avant la vitalité de l’écosystème français, de plus en plus dynamique.

"Qu’il s’agisse de créations de start-up, ou de levées de fonds, en montant comme en nombre, ... il y a des progrès formidables qui ont été faits en un an." a souligné Emmanuel Macron.

Riche en start-up souvent trop petites, la France veut faire prospérer des « licornes », c'est-à-dire des entreprises valorisées à plus d'un milliard de dollars. "On est en train de lever des tickets de plus en plus gros en France." a annoncé le Président.


Emmanuel Macron a rappelé les quatre défis qu'il reste encore à relever.

Le premier est le "passage à l'échelle". il nécessite des fonds et aussi un marché.
Face à la concurrence de la Chine et des Etats-Unis, l'important, à présent, est de structurer le Venture Capital dans le but de s'installer sur des tickets au-dessus de 100 millions d'euros.

Le second défi, ce sont les talents. Comment les former, les attirer, les garder.

Le 1er mars prochain, le Gouvernement va lancer un nouveau Visa Tech, simplifié, qui permettra d'attirer les talents du monde entier.
En réponse à un entrepreneur qui avait lancé "mon ennemi, c'est l'URSSAF", voyant cet organisme comme un frein au recrutement, le Président de la République a répliqué : "Votre ami, c’est l’Urssaf, parce que c’est ce qui fait qu’en France, le jour où vous êtes malade au chômage ou vieux, c’est grâce à l’Urssaf que vous pouvez être payés (…) Je n’ai aucune envie que le France devienne un pays où pour réussir il n’y ait plus de droits sociaux".

Il a ajouté qu'il privilégiait la baisse des cotisations sociales et salariales et la baisse de l’impôt sur les sociétés

Le troisième défi, c'est la simplification des règles. Elle est déjà engagée et elle va se poursuivre.

Changer le deal, relever le défi environnemental, la Tech for good, inventer "de nouveaux modèles économiques qui soient en même temps des modèles éducatifs et de transformation de la société", tels sont les enjeux à relever.

Le quatrième défi, c'est l'Europe. C'est grâce à l'Europe que l'on pourra "réussir contre la concurrence déloyale de certains grands acteurs du numérique, réussir à avoir un vrai marché européen qui permet d’aller beaucoup plus vite, plus fort et réussir à avoir des règles de protection de notre vie privée", a ajouté le Président de la République avec conviction.

Il a tenu à rappeler que Paris n'est pas le centre de l'écosystème. "On oublie souvent qu’il y a une large majorité de la French Tech qui est hors de Paris. (…) La France entière est dans cette dynamique."
"Le centre, c’est partout où il y a des gens qui décident", a-t-il précisé.

D’où la volonté du gouvernement de développer le plan très haut débit, la fibre et la connectivité avec "une stratégie indo-pacifique"

Le campus Station F, réparti sur 34 000 m2, héberge une zone startup de plus de 3 000 stations de travail.
1000 start up y sont déjà installées.

Le bâtiment est divisé en trois grands espaces: la zone Create, pour travailler, la zone Share, pour échanger, avec des espaces de réunions et un auditorium de 370 places et la zone Chill, pour se détendre et se restaurer avec 3 bars et un restaurant géré par la société Big Mamma, La Felicita.

Dans cet "incubateur" fondé par Xavier Niel, patron de Free et très proche du Président, sont également présents des fonds d'investissement, des imprimantes 3D, un fablab et des services publics.

La gestion des déchets y est exemplaire.

Sont partenaires au sein de Station F, Microsoft, Facebook, trois grandes écoles de commerce, HEC, INSEAD et EDHEC, ainsi que Vente-privee.com, Thales, Amazon et Ubisoft.

Station F est installé dans la Halle Freyssinet, magnifique bâtiment classé pour son architecture exceptionnelle.

Jusqu'en 2006, il a abrité les Messageries de la gare d'Austerlitz dans le 13ème arrondissement de Paris.
Conçu par l'ingénieur Eugène Freyssinet, sa structure est d'une extrême légèreté.

La finesse et la qualité des voûtes des trois nefs et des auvents donnent une grande élégance à ce bâtiment industriel.
L'utilisation de la vibration, mise au point par Freyssinet, pour la mise en place du béton, et diminuer sa porosité, a permis de maintenir ce bâtiment dans un état de conservation remarquable.

La halle avait été mise en service le 19 mars 1929.



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