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Brésil : la victoire de l'extrême droite

MondePosté par IMPACT EUROPEAN 29 oct., 2018 22:38:57
GABRIEL MIHAI


Le second tour de l'élection présidentielle brésilienne était surveillé par les médias du monde entier : les Brésiliens allaient-ils voter pour Jair Bolsonaro, la nuit de dimanche à lundi, la nouvelle tombe : la réponse est 55.1% des voix, contre 44.9% pour son rival du Parti des Travailleurs, Fernando Haddad.

Après la confirmation de sa victoire dans les urnes, le futur président du Brésil Jair Bolsonaro reçoit des félicitations de toute part.

"Le président Trump a appelé ce soir le président élu du Brésil Bolsonaro pour le féliciter, ainsi que le peuple brésilien, pour les élections d'aujourd'hui", a déclaré Sarah Sanders, porte-parole de l'exécutif américain.

Emmanuel Macron a lui aussi félicité le vainqueur de l'élection, mais plutôt qu'une conversation téléphonique avec un dirigeant dont il ne partage clairement pas les idées, il a opté pour la formule diplomatique du communiqué tout en faisant passer un message très clair: "La France et le Brésil entretiennent un partenariat stratégique noué autour des valeurs communes de respect et de promotion des principes démocratiques", peut-on lire dans un communiqué de l'Elysée publié ce lundi.

Matteo Salvini, patron de l'extrême droite italienne et homme fort du gouvernement à Rome, a également salué dans la nuit la victoire de Jair Bolsonaro. Le ministre italien de l'Intérieur espère par la même occasion l'extradition de l'ancien militant d'extrême gauche Cesare Battisti, condamné pour meurtre en Italie.

"Au Brésil aussi les citoyens ont chassé la gauche ! Bon travail au président Bolsonaro, l'amitié entre nos peuples et nos gouvernements sera encore plus forte", s'est réjoui Matteo Salvini sur Twitter.

"Et après des années de vains discours, je demanderai qu'ils nous renvoient en Italie le terroriste rouge Battisti", a-t-il ajouté.

Le gouvernement d'extrême droite de Jair Bolsonaro, élu président du Brésil dimanche, va «changer le modèle économique du pays» grâce à un grand programme de privatisations et plus de contrôle des dépenses publiques. Ces propos émanent de Paulo Guedes, annoncé comme le futur ministre des Finances.

Paulo Guedes a révélé que le gouvernement Bolsonaro se pencherait dès sa prise de fonction, en janvier, sur la réforme des retraites, très impopulaire mais considérée cruciale par les milieux d'affaires pour réduire la dette.

Le parquet fédéral de Brasilia (MPF) a ouvert une deuxième enquête pour fraude en 15 jours contre Paulo Guedes, conseiller économique ultra-libéral du favori de la présidentielle au Brésil Jair Bolsonaro, a-t-on appris vendredi de source judiciaire, à deux jours du second tour.

Les deux enquêtes entrent dans le cadre de l'opération Greenfield, qui a révélé un réseau de détournement de fonds de pensions de banques et entreprises publiques.

Le MPF soupçonne M. Guedes, 69 ans, de "gestion frauduleuse" de fonds de pension. Il est notamment accusé d'avoir facturé des commissions de façon "abusive".

Des commissions qui auraient permis à son entreprise de toucher 152,9 millions de réais de 2009 à 2014 (environ 65 millions de dollars au taux moyen de 2014).

Le 10 octobre, une première enquête avait été ouverte à partir d'"indices sérieux" selon lesquels entre février 2009 et juin 2013 plusieurs directeurs de fonds de pension "auraient pu se joindre" à Paulo Guedes pour "commettre des délits de gestion frauduleuse ou de négligence".

Bolsonaro, qui n'a fait voter que deux lois en 27 ans de députation, arrive à la tête d'un pays de 208 millions d'habitants sans aucune expérience du pouvoir, comme ses futurs ministres.

Une fois installé dans le palais du Planalto à Brasilia, l'ancien capitaine aura aussi fort à faire pour recoller les morceaux d'un pays qui s'est fracturé profondément.

La liste est longue des Brésiliens qui ont de quoi être inquiets de l'avenir après les déclarations agressives du candidat Bolsonaro qui avait dit vouloir gouverner « pour la majorité, pas pour la minorité ».

Les plus optimistes pensent que cet admirateur de la dictature militaire (1964-85) abandonnera sa rhétorique au vitriol une fois au pouvoir. Mais d'autres le voient gouverner d'une manière très idéologique et faire prendre un virage vertigineux au Brésil.



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